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Loi Duplomb : une mobilisation historique, et maintenant ?

Depuis quelques jours, une mobilisation citoyenne sans précédent prend forme contre la loi Duplomb. Ce texte, critiqué par de nombreux scientifiques, associations et acteurs du monde agricole, fait aujourd’hui l’objet d’une pétition qui a dépassé les 1,5 million de signatures. C’est un signal politique majeur. Où en est-on aujourd’hui ? Ce chiffre — 1,5 million…


Depuis quelques jours, une mobilisation citoyenne sans précédent prend forme contre la loi Duplomb. Ce texte, critiqué par de nombreux scientifiques, associations et acteurs du monde agricole, fait aujourd’hui l’objet d’une pétition qui a dépassé les 1,5 million de signatures. C’est un signal politique majeur.

Où en est-on aujourd’hui ?

Ce chiffre — 1,5 million — n’est pas qu’un symbole : c’est un seuil largement supérieur à ce qu’exige le règlement de l’Assemblée nationale pour qu’un débat public puisse être demandé sur une pétition citoyenne.

Concrètement :

  • La pétition est hébergée sur le site de l’Assemblée nationale.
  • Elle dépasse très largement le seuil de 100 000 signatures (seuil qui attire l’attention).
  • Et elle franchit aussi celui des 500 000, qui permet de saisir la Conférence des présidents pour organiser un débat en séance publique.

C’est donc désormais aux institutions — et notamment à l’Assemblée nationale — de prendre leurs responsabilités : un débat parlementaire est non seulement légitime, mais aussi devenu une obligation morale face à l’ampleur de la mobilisation.

Et maintenant, que peut-on faire ?

1. Exiger un débat public au Parlement

C’est la première étape logique. Cette pétition doit donner lieu à un examen parlementaire, une mise en lumière du contenu de la loi, de ses effets concrets, de ses conséquences sociales, sanitaires, environnementales.

2. Impliquer les institutions citoyennes

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE), troisième assemblée constitutionnelle de la République, peut aussi être saisi par pétition (150 000 signatures nécessaires, via une plateforme dédiée).

Une saisine du CESE permettrait :

  • D’obtenir un avis public et indépendant.
  • De renforcer la légitimité scientifique et sociale de l’opposition à la loi.
  • De maintenir une pression institutionnelle sans passer uniquement par le Parlement.

3. Préparer un Référendum d’initiative partagée (RIP)

Si les débats à l’Assemblée ne débouchent sur aucune révision ni retrait, il restera la voie du RIP, prévue par la Constitution (article 11).

Cela impliquerait :

  • Le soutien d’au moins 185 parlementaires.
  • Puis l’obtention de près de 4,8 millions de signatures citoyennes sur une plateforme officielle.

C’est une démarche longue, exigeante, mais qui peut devenir le point d’appui d’un grand mouvement démocratique et populaire.

Si rien n’est fait, nous irons plus loin

La situation actuelle est inédite. L’inaction ne serait pas neutre : elle constituerait une forme de mépris démocratique face à plus d’un million et demi de citoyens et citoyennes mobilisé·es.

C’est pourquoi, en l’absence d’une réponse institutionnelle claire, nous préparerons les étapes suivantes, en commençant par des actions légitimes et démocratiques. Mais il faut être lucides : si le dialogue est bloqué, des mouvements plus intenses suivront — grèves, blocages, mobilisations nationales massives — car ce combat touche à l’essentiel.

Une position claire : non à la loi Duplomb

Sur le fond, la loi Duplomb n’apporte aucune réponse sérieuse :

  • ni aux enjeux scientifiques de santé publique et de transition agricole,
  • ni aux préoccupations économiques et sociales des agriculteurs,
  • ni aux exigences environnementales de long terme.

Elle semble répondre davantage aux logiques de lobbying privé qu’à l’intérêt général.

Nous continuerons donc à nous y opposer fermement, avec la conviction que le droit, la raison et la mobilisation citoyenne peuvent encore faire reculer ce texte injuste.

On ne lâchera rien.


À suivre…

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